Quand vous avez coup sur coup cinquante ans et que vous devenez grand-père, vous vous dites soudain : « Tiens ? je ne vais peut-être pas faire le Parc des Princes cette année

1993
EMC Biographie
Chapitre 2, 70-80

Le début de cette décennie laisse présager pour Eddy Mitchell une période non pas de vaches maigres, mais de vaches pas trop grasses. Les courants musicaux en France ont changé et les albums de qualité enregistrés par Eddy n'ont pas le succès commercial escompté malgré de bons titres, "Arc-en-ciel", "C'est facile", "Oh Louise", "Super belle", "Le coup de foudre". Ce n'est pas du rock, d'accord, mais c'est de la bonne variété assez musclée...


Les radios ne l'abandonnent pas et passent ses disques, mais le grand public ne suit plus. Sur France Inter en mai et juin 1974 Eddy anime tous les soirs une émission qui s'appelle non sans humour "En attendant que ça se passe"...


Curieusement, en ce début d'année 1974, la France retrouve les racines musicales des années 60 et les disques (compilations) du début réédités par la maison Barclay, eux, se vendent bien. Barclay propose alors à Eddy de remonter le groupe des Chaussettes Noires... Refus catégorique de l'intéressé qui aurait pu retourner à la case départ, comme au monopoly, et toucher beaucoup d'argent... Il décide de refaire du rock, d’accord, mais à condition de retourner aux sources mêmes de la musique : direction Nashville.


Il revient des U.S.A. avec des succès "C'est un rocker", "A crédit et en stéréo", "Bye bye Johnny be Good" etc…, car il faudrait citer presque tous les titres. Pendant plus d'un mois l'album est n° 1 au hit-parade des 33 tours d'Europe 1 (l’ancêtre du top 50).


Du côté vente, c'est un triomphe. L'album est disque d’or.


La communion musicale d’Eddy, de Charlie McCoy et des musiciens est telle que l'album est enregistré en deux jours alors que les studios avaient été réservés pour plusieurs semaines... Il faut dire que ces musiciens ne sont pas des débutants, mais ceux qui accompagnent habituellement Presley, Dylan etc. Les paroles sont simples et l'humour domine les textes. Bref de véritables scénarios de cinéma d'une durée moyenne de trois à quatre minutes chacun. Le style musical est rock, mais la country music fait aussi une apparition dans le répertoire d’Eddy.


Du 7 au 11 mai 1975, Eddy fait venir les Américains à l'Olympia de Paris et c'est l’occasion d'enregistrer un deuxième disque live publié chez Barclay. Eddy chante une nouvelle fois "Be Bop a Lula" alors que quinze ans séparent déjà la première version studio de cette version live.


Eddy repartira avec tous ces musiciens afin d'enregistrer un second album à Nashville. Au retour il s'arrêtera à New York afin de faire un titre avec les musiciens de Count Basie et Woodie Hermann "Choo choo boogie". De Nashville il rapportera "Je vais craquer bientôt". Le reste de l'album est dans l'ensemble plus country que rock, mais il obtient également en France un grand succès. C’est un nouveau disque d’or.


Tout s’enchaîne : tournées, télévision, premier show TV consacré à Eddy et enregistré à Paris et à Nashville, radios, mais aussi récompenses (grand prix Arlequin décerné par les journalistes qui plébiscitent le meilleur artiste de variété de l'année) et nominations (citoyen d'honneur de la ville de Nashville, ambassadeur du Tennessee en France, etc.).


A Nashville Eddy Mitchell a retrouvé son second souffle et devient incontestablement une des grandes vedettes de la chanson en France.


En 1976, Eddy reste chez Barclay pour la distribution de ses disques, mais c'est désormais lui-même qui se produira. Il crée donc cette année là, la société Eddy Mitchell Productions (E.M.P.).


La première production "Pas de boogie woogie" sera le tube que tout le monde connaît mais qui se verra pourtant à sa sortie interdit d'antenne sur Radio-Monte-Carlo... Motif : paroles irrévérencieuses envers le pape. Eddy prétend que ce n'est pas lui qui a commencé, c'est le pape de l'époque qui a ouvert les hostilités le premier .... Toujours est-il qu'avec ce succès, et d'autres chansons bien sûr, du 31 mai au 3 septembre 1976, Eddy tourne dans toute la France pendant trois mois avec le podium Europe 1.


Il repartira une nouvelle fois à Nashville afin d'enregistrer un nouvel album d'où ressortiront de nouveaux tubes "Sur la route de Memphis", "La fille du motel" entre autres.


Nouveau show TV, nouveau disque, avec notamment "Et la voix d'Elvis", "La dernière séance". Ces deux titres sont autobiographiques et l’album sera disque d'or également tout comme le précédent.


Eddy se produit au Palais des sports pendant une semaine. Il fait venir pour la circonstance Charlie McCoy ainsi que quelques musiciens et choristes. Ainsi Français et Américains forment l’orchestre.

En première partie Eddy chante ses succès d'avant Nashville et en deuxième partie ses chansons de la période Nashville.


Un double album live sortira pour cette occasion. Le show est enregistré par la télévision et sera diffusé l'année suivante sur les antennes en deux parties.


Dans le commerce deux livres paraissent consacrés à Eddy Mitchell dont un écrit par lui-même au titre évocateur "Galas Galères". Relation de cause à effet ? Eddy abandonne les tournées de 1978 à 1980.


Côté disque, Eddy revient encore de Nashville avec un nouveau succès lié à l'actualité du moment : "Il ne rentre pas ce soir".


Au rythme d'un album par an avec autant de succès, Eddy accumule disque d'or sur disque d'or. Sa recette est simple : de bons textes puisés dans la vie quotidienne, de l'humour, de bons musiciens. Bref c'est du professionnalisme de haut niveau sous une apparence de facilité et de décontraction.


Le nouvel album de 1979 n'échappe pas à la règle. Destination Nashville, mais aussi petit retour à Muscle Shoals en Alabama, là-même où Eddy avait enregistré "Alice" il y a déjà 12 ans. Il ramènera de Muscle Shoals "L'important c'est d'aimer bien sa maman" et de Nashville le succès "Tu peux préparer le café noir".


Pour Eddy Mitchell la fin des années 70 se termine mieux qu'elles n'avaient commencé et 1980 s'annonce bien.


C'est aux Etats-Unis qu' Eddy Mitchell enregistre son nouvel album qu'il intitule "Happy Birthday" à l'occasion de ses vingt ans de carrière. Le titre "Couleur menthe à l'eau" fera monter les ventes dans des sommets très appréciables, puisque l’album dépasse les 500 000 exemplaires. Sur cette galette figure un autre succès "Happy Birthday rock and roll".


En plus des passages télés et radios Eddy décide de fêter ses vingt années de chansons à l’Olympia. C'est l'occasion d'enregistrer le spectacle en vidéo, et de sortir un triple album live. La pochette représente les feux croisés des projecteurs de cinéma de la Twenty Century Fox... Déjà le cinéma se profile à l’horizon des années 1980.

 

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