Biographie d’Eddy Mitchell par JEAN-PIERRE MARSAULT

 

Entrer dans un studio, afin de voir en réalité le même micro que celui qui est sur la pochette du 45 tours de Gene Vincent, telle était la première motivation de Claude Moine.

La nouvelle génération était décidée à chanter des chansons de jeunes pour un public de jeunes. Les postes de radio de l’époque diffusaient de la variété bien française : Luis Mariano, André Claveau, etc.

La suite : les copains (n’oubliez pas, nous sommes en 1960), trois guitares, une batterie, un chanteur, en ces années-là, cela fait vite un groupe. C’est décidé, il sera chanteur, c’est mieux. Il n’y a pas d’instrument à porter et puis il ne chante pas trop mal…, ça aide quand même.

Le golf Drouot, le square de la Trinité, autant de flashs dans la mémoire de ceux qui ont la cinquantaine aujourd’hui.

Grâce au studio que leur loue un aveugle, le groupe répète, fait du rock, ce qui est nouveau en France… Et puisqu’un petit jeune, Jean-Philippe Smet (Johnny Hallyday), commence à faire parler de lui, alors pourquoi pas eux…

Ils n’ont que quatre ou cinq chansons à leur répertoire. Claude Moine prend alors l’annuaire téléphonique et à la rubrique disques, le premier sur la liste est « Barclay ». Il téléphone, obtient un rendez-vous… Première audition, avec une heure de retard, car il faut réunir avec une seule voiture les cinq membres du groupe disséminés dans Paris.

Un jour de novembre 1960, Claude Moine rencontre pour la première fois, et pas pour la dernière, un certain Jean Fernandez.

Premier enregistrement des Five Rocks, c’est le nom du groupe (ils font du rock et ils sont cinq, alors pourquoi chercher plus loin). Il faut un nom pour le chanteur. Claude Moine admire Eddie Constantine. Ce sera donc Eddy avec un « y » parce que le patron Barclay c’est Eddie…Il faut une différence quand même ! Le nom Mitchell, à cause de la consonance américaine, sera trouvé par Jean Fernandez.

Mais c’est mal connaître les rouages économiques de l’époque. Eddie Barclay a négocié avec une firme de chaussettes un contrat commercial de publicité.

Ainsi les Five Rocks enregistrent leur premier 45 tours. Ils écoutent à la radio avec stupeur le disque… des Chaussettes Noires ! Il s’agit bien des mêmes. Ce sont bien eux ! Eddy est furieux, les autres membres du groupe aussi. Les auditeurs eux sont ravis, la voix d’Eddy est là et le nom, même s’il surprend, importe peu.

Dès lors toute la jeunesse française se retrouve autour de chanteurs du même âge qu’elle. Une musique vient de voir le jour et bientôt une émission de radio, une presse spécialisée, puis une mode jeune, le tout conduisant à l’inévitable conflit des générations. Une nouvelle ère musicale commence avec l’explosion de l’industrie du microsillon, la société de consommation s’en trouvera confortée. On fabriquera même des idoles…

Les sixties commencent.

Premier disque des Chaussettes Noires, premier succès  » Be Bop a Lula « . Dès lors tout va aller très vite.

Première tournée du groupe avec Jean Nohain. Premier jour au bas de l’affiche en lever de rideau, deuxième jour vedette anglaise, troisième jour vedette américaine, quatrième jour vedette du spectacle… Le problème, c’est tout simplement qu’ils ne possèdent pas suffisamment de titres à leur répertoire… Ce n’est pas grave, on refait les mêmes chansons plusieurs fois. Le public aime ça et en redemande, alors pourquoi s’en priver…

Les disques se succèdent avec succès (Daniela), les galas aussi, parfois deux par jour. Ils font dans la même année 1961, deux jours au Palais des sports, deux jours à l’Olympia et trois semaines à l’A.B.C. Il y a également les tournées, où après leurs passages les salles ressemblent à des champs de bataille… Pendant ce même temps le cinéma exploite le phénomène. Eddy et les Chaussettes Noires tournent plusieurs films en jouant leurs propres rôles… Les cinéastes de l’époque avaient de l’imagination comme vous pouvez le constater !

Alors qu’il commence à s’habituer à ses « Chaussettes », Eddy reçoit une « invitation » gracieuse du Ministère des Armées. Cette « invitation » est faite de telle sorte qu’il ne peut se dérober. En mars 1962, Eddy est incorporé sous les drapeaux. Inquiet ? Oui et non. Au départ ne croyant pas trop le phénomène durable, il pense qu’au retour du service les choses auront changé musicalement et que lui et ses « Chaussettes » tomberont dans l’oubli à moins que…

Pendant leurs permissions Eddy et les Chaussettes enregistrent des disques ensemble. Eddy en profite également pour enregistrer un 45 tours en solo avec grand orchestre et violons, puis un deuxième 45 tours contenant « Be Bop a Lula 63 ». Un trente centimètres arrivera aussi sur le marché « Voici Eddy… C’était le soldat Mitchell » avec « Chain Gang » et « Quand une fille me plaît » entre autres titres. A partir de maintenant, Eddy a envie de varier ses accompagnements. Une formation restreinte ne le contente plus sur le plan musical.

Libéré de ses obligations militaires et en attendant celle de ses complices, Eddy part pour la première fois à Londres enregistrer un nouvel album « Eddy in London ». L’accompagnement est assuré par les meilleurs musiciens de séance anglais dont Big Jim Sullivan. Douze classiques du rock and roll chantés en français constituent cet album. Les titres forts passeront en radio en cette fin d’année 1963 qui verra en même temps la séparation définitive du groupe « Les Chaussettes Noires ».

Fort de sa première expérience londonienne, Eddy récidive en 1964 avec deux albums made in England « Panorama » et « Toute la ville en parle… Eddy est formidable » avec des succès comme « Pas de chance », « Repose Beethoven » et sur le deuxième album « Fauché » et « Toujours un coin qui me rappelle ». Ce dernier titre fera une carrière internationale, mais interprété par Sandie Shaw et produit par l’assistant du preneur de son auquel Eddy avait donné l’autorisation de prendre une copie de l’enregistrement effectué en studio par Eddy Mitchell lui-même…

En ce milieu des années soixante le conflit des générations s’est apaisé quelque peu. En effet Eddy est rassurant (pour les parents) car lorsqu’il chante sur scène il ne se roule plus par terre (ou très peu…).Il a coupé ses cheveux trop longs pour l’époque et de plus la pochette de son trente-trois tours le représente avec costume et cravate. Sa chanson « Toujours un coin qui me rappelle » est très bien accueillie par tous les publics, jeunes et moins jeunes …

Début 1965, Eddy aborde pour la première fois, seul, une scène parisienne, Bobino, où il succède à Georges Brassens pour plusieurs semaines. Eddy s’adonne de plus en plus à l’écriture des paroles de ses chansons pensant que l’on n’est jamais aussi bien servi que par soi-même. Deux albums seront enregistrés également à Londres cette année-là, avec des tubes comme « J’avais deux amis » (hommage à Buddy Holly et Eddie Cochran), « Si tu n’étais pas mon frère », « Et tu pleureras », « S’il n’en reste qu’un ». Dans ce dernier titre Eddy annonce la couleur… Il restera rock.

Ce n’est qu’une chanson dira-t-il, mais tout le monde y a cru…, sauf lui. Tant pis l’étiquette lui restera indéfiniment. Son répertoire a évolué, majoritairement rock avec des intonations de rhythm n’blues.

Les cuivres font des apparitions de plus en plus prépondérantes dans les sessions de Londres. Cette évolution musicale est d’autant plus intéressante qu’Eddy découvre qu’il a dans son propre orchestre de scène, et ce depuis 1964, un pianiste Pierre Papadiamandis qui compose des musiques qui collent parfaitement à l’auteur Claude Moine et au chanteur Eddy Mitchell.

Le premier titre enregistré en 1966 « J’ai oublié de l’oublier » sera un succès et marquera la première pierre de la longue collaboration du tandem Claude Moine – Pierre Papadiamandis , avec plus de la moitié de la production de titres en commun en 2004.

Citer tous les succès serait trop long. On se limitera à retenir ici seulement « Alice », « La dernière séance », « Il ne rentre pas ce soir », « Couleur menthe à l’eau », « Le cimetière des éléphants », « Comme quand j’étais môme », « M’man », « Rio Grande », « Un portrait de Norman Rockwell », « Sur la route 66  » etc…

En 1966 l’intégralité de la production reste londonienne avec des succès comme, « De la musique », « J’ai oublié de l’oublier », « Seul », « L’épopée du rock ».

Côté scène, en début d’année 1966, Eddy refait une nouvelle fois Bobino pour trois semaines et attaque pour la première fois l’Olympia en Mars 1967 et ce pour 15 jours.

Cette année-là les titres seront enregistrés à Londres mais aussi à Memphis ou plus exactement à Muscle Shoals en Alabama. Toujours est-il qu’Eddy réalise là son vieux rêve américain, (il attendra curieusement 7 ans avant de retourner enregistrer aux U.S.A.). De cette session il ramènera en France un nouveau grand succès « Alice » qui a plus de trente cinq ans aujourd’hui et qui n’a pas vieilli.

Dans l’univers musical de cette époque Eddy est le seul à rester fidèle à son style, ce qui ne veut pas dire qu’il ne fait que du rock et rien que cela. Non au contraire, il s’intéresse à tous les courants musicaux et c’est comme cela que l’influence de la soul music se fait sentir dans ses chansons qui ont le mérite d’être en majorité des compositions françaises.

Après un nouvel enregistrement à Londres « Je n’aime que toi » en 1968, (alors que la jeunesse française fait une nouvelle révolution, mais pas musicale celle-là !), Eddy Mitchell enregistre son premier album à Paris « Sept colts pour Schmoll ». Il délaisse ainsi Londres où il enregistrait régulièrement depuis fin 1963. La particularité de cet album réside à la fois dans la pochette où Eddy apparaît en héros de bande dessinée (sa troisième passion après la musique et le cinéma), mais aussi au fait que tous les titres s’enchaînent par des phrases courtes et humoristiques déclamées par Eddy sur fond de musique Western.

De ces sessions parisiennes sortent de bons titres sur lesquels il est accompagné de ses musiciens de scène « Le fou sur la colline », de Jean-Claude Petit « Miss Caroline », mais aussi du groupe Zoo « Dodo métro boulot dodo ».

En 1969 Barclay éditera le premier album live d’Eddy Mitchell enregistré à l’Olympia le 8 avril 1969.

Les tournées et les albums se succèdent au fil des ans avec à l’horizon les années 70 annonçant la fin des Sixties, la fin du 45 tours 4 titres et le début de la crise du pétrole…..

Chapitre 2, 70-80

Le début de cette décennie laisse présager pour Eddy Mitchell une période non pas de vaches maigres, mais de vaches pas trop grasses. Les courants musicaux en France ont changé et les albums de qualité enregistrés par Eddy n’ont pas le succès commercial escompté malgré de bons titres, « Arc-en-ciel », « C’est facile », « Oh Louise », « Super belle », « Le coup de foudre ». Ce n’est pas du rock, d’accord, mais c’est de la bonne variété assez musclée…

Les radios ne l’abandonnent pas et passent ses disques, mais le grand public ne suit plus. Sur France Inter en mai et juin 1974 Eddy anime tous les soirs une émission qui s’appelle non sans humour « En attendant que ça se passe »…

Curieusement, en ce début d’année 1974, la France retrouve les racines musicales des années 60 et les disques (compilations) du début réédités par la maison Barclay, eux, se vendent bien. Barclay propose alors à Eddy de remonter le groupe des Chaussettes Noires… Refus catégorique de l’intéressé qui aurait pu retourner à la case départ, comme au monopoly, et toucher beaucoup d’argent… Il décide de refaire du rock, d’accord, mais à condition de retourner aux sources mêmes de la musique : direction Nashville.

Il revient des U.S.A. avec des succès « C’est un rocker », « A crédit et en stéréo », « Bye bye Johnny be Good » etc…, car il faudrait citer presque tous les titres. Pendant plus d’un mois l’album est n° 1 au hit-parade des 33 tours d’Europe 1 (l’ancêtre du top 50).

Du côté vente, c’est un triomphe. L’album est disque d’or.

La communion musicale d’Eddy, de Charlie McCoy et des musiciens est telle que l’album est enregistré en deux jours alors que les studios avaient été réservés pour plusieurs semaines… Il faut dire que ces musiciens ne sont pas des débutants, mais ceux qui accompagnent habituellement Presley, Dylan etc. Les paroles sont simples et l’humour domine les textes. Bref de véritables scénarios de cinéma d’une durée moyenne de trois à quatre minutes chacun. Le style musical est rock, mais la country music fait aussi une apparition dans le répertoire d’Eddy.

Du 7 au 11 mai 1975, Eddy fait venir les Américains à l’Olympia de Paris et c’est l’occasion d’enregistrer un deuxième disque live publié chez Barclay. Eddy chante une nouvelle fois « Be Bop a Lula » alors que quinze ans séparent déjà la première version studio de cette version live.

Eddy repartira avec tous ces musiciens afin d’enregistrer un second album à Nashville. Au retour il s’arrêtera à New York afin de faire un titre avec les musiciens de Count Basie et Woodie Hermann « Choo choo boogie ». De Nashville il rapportera « Je vais craquer bientôt ». Le reste de l’album est dans l’ensemble plus country que rock, mais il obtient également en France un grand succès. C’est un nouveau disque d’or.

Tout s’enchaîne : tournées, télévision, premier show TV consacré à Eddy et enregistré à Paris et à Nashville, radios, mais aussi récompenses (grand prix Arlequin décerné par les journalistes qui plébiscitent le meilleur artiste de variété de l’année) et nominations (citoyen d’honneur de la ville de Nashville, ambassadeur du Tennessee en France, etc.).

A Nashville Eddy Mitchell a retrouvé son second souffle et devient incontestablement une des grandes vedettes de la chanson en France.

En 1976, Eddy reste chez Barclay pour la distribution de ses disques, mais c’est désormais lui-même qui se produira. Il crée donc cette année là, la société Eddy Mitchell Productions (E.M.P.).

La première production « Pas de boogie woogie » sera le tube que tout le monde connaît mais qui se verra pourtant à sa sortie interdit d’antenne sur Radio-Monte-Carlo… Motif : paroles irrévérencieuses envers le pape. Eddy prétend que ce n’est pas lui qui a commencé, c’est le pape de l’époque qui a ouvert les hostilités le premier …. Toujours est-il qu’avec ce succès, et d’autres chansons bien sûr, du 31 mai au 3 septembre 1976, Eddy tourne dans toute la France pendant trois mois avec le podium Europe 1.

Il repartira une nouvelle fois à Nashville afin d’enregistrer un nouvel album d’où ressortiront de nouveaux tubes « Sur la route de Memphis », « La fille du motel » entre autres.

Nouveau show TV, nouveau disque, avec notamment « Et la voix d’Elvis », « La dernière séance ». Ces deux titres sont autobiographiques et l’album sera disque d’or également tout comme le précédent.

Eddy se produit au Palais des sports pendant une semaine. Il fait venir pour la circonstance Charlie McCoy ainsi que quelques musiciens et choristes. Ainsi Français et Américains forment l’orchestre.

En première partie Eddy chante ses succès d’avant Nashville et en deuxième partie ses chansons de la période Nashville.

Un double album live sortira pour cette occasion. Le show est enregistré par la télévision et sera diffusé l’année suivante sur les antennes en deux parties.

Dans le commerce deux livres paraissent consacrés à Eddy Mitchell dont un écrit par lui-même au titre évocateur « Galas Galères ». Relation de cause à effet ? Eddy abandonne les tournées de 1978 à 1980.

Côté disque, Eddy revient encore de Nashville avec un nouveau succès lié à l’actualité du moment : « Il ne rentre pas ce soir ».

Au rythme d’un album par an avec autant de succès, Eddy accumule disque d’or sur disque d’or. Sa recette est simple : de bons textes puisés dans la vie quotidienne, de l’humour, de bons musiciens. Bref c’est du professionnalisme de haut niveau sous une apparence de facilité et de décontraction.

Le nouvel album de 1979 n’échappe pas à la règle. Destination Nashville, mais aussi petit retour à Muscle Shoals en Alabama, là-même où Eddy avait enregistré « Alice » il y a déjà 12 ans. Il ramènera de Muscle Shoals « L’important c’est d’aimer bien sa maman » et de Nashville le succès « Tu peux préparer le café noir ».

Pour Eddy Mitchell la fin des années 70 se termine mieux qu’elles n’avaient commencé et 1980 s’annonce bien.

C’est aux Etats-Unis qu’ Eddy Mitchell enregistre son nouvel album qu’il intitule « Happy Birthday » à l’occasion de ses vingt ans de carrière. Le titre « Couleur menthe à l’eau » fera monter les ventes dans des sommets très appréciables, puisque l’album dépasse les 500 000 exemplaires. Sur cette galette figure un autre succès « Happy Birthday rock and roll ».

En plus des passages télés et radios Eddy décide de fêter ses vingt années de chansons à l’Olympia. C’est l’occasion d’enregistrer le spectacle en vidéo, et de sortir un triple album live. La pochette représente les feux croisés des projecteurs de cinéma de la Twenty Century Fox… Déjà le cinéma se profile à l’horizon des années 1980.

Eddy tourne un téléfilm « Gaston Lapouge » pour la télévision aux côtés de Jacques Villeret et un film « Coup de torchon » pour le cinéma avec Philippe Noiret et Isabelle Huppert. Eddy est nominé pour le césar du second rôle masculin pour ce film.

Durant le mois de juillet 1981, il assure la tournée du podium de Radio-Monte-Carlo.

Il produit et présente à la télévision le 19 janvier 1982 la première d’une série d’émissions qui en comptera beaucoup d’autres par la suite : « La dernière séance ».

Il repart aux U.S.A. afin d’enregistrer un nouvel album entre Nashville, Los Angeles et New York. « Le cimetière des éléphants » ne démentira pas les succès des précédents albums : nouveau disque d’or. Il donne encore rendez-vous au public parisien pour une prestation au Palais des sports du 20 mai au 6 juin 1982.

Sur les écrans de télévision, on voit le chanteur, le présentateur de « La dernière séance », et aussi le maître de cérémonie du réveillon du 31 décembre 1982 où il accueille toute la soirée les personnalités ayant marqué cette année (Ventura, Montand, Birkin et Hallyday avec qui il fera un duo inédit).

En 1983, côté cinéma, Eddy enchaîne films sur films : « Attention une femme peut en cacher une autre » avec Miou Miou et Roger Hanin, « Ronde de nuit » avec Gérard Lanvin et « A mort l’arbitre » avec Carole Laure et Michel Serrault. Il quitte Barclay pour la distribution de ses disques, qu’il confie à RCA. Un 45 tours est édité « L’amour est vraiment fort » enregistré à Paris.

L’année suivante, c’est le retour à Nashville pour la sortie d’un album « Racines » contenant des titres forts « Comme quand j’étais môme », « Nashville ou Belleville », « Le blues du blanc ».

Un nouveau Palais des sports dans une mise en scène de Jérôme Savary connaîtra un succès aussi grand que les précédents et sera l’occasion de la sortie d’un double album live 1984.

Cette année-là Eddy tourne « Frankenstein 90 » avec Jean Rochefort et enchaîne l’année suivante avec « I love you » aux côtés de Christophe Lambert. Il participe au tournage de « La galette du roi » où il retrouve Jean Rochefort et Jacques Villeret.

Il participe avec Johnny Hallyday au Printemps de Bourges où ils terminent tous les deux sur scène par une série de duos qui fera plaisir non seulement aux nostalgiques mais à tous les autres aussi.

Fin 1985, il enregistre un album à Paris, pour la première fois depuis bien longtemps. La tendance est jazz des années 30 sur une face et formation réduite avec synthétiseur sur l’autre face. L’album, distribué début 1986, se termine par un duo étonnant Eddy Mitchell – Serge Gainsbourg dans « Vieille canaille ». On trouve également une bonne chanson du tandem Claude Moine – Pierre Papadiamandis « Manque de toi ». Une vidéo reprenant la totalité des titres est éditée en même temps que l’album.

Dans ce disque, Eddy s’éloigne de la musique qu’il a l’habitude d’offrir à son public. Il s’agit là d’une expérience musicale qui déconcertera malheureusement son auditoire et les médias. C’est d’autant plus dommage qu’Eddy sait chanter pratiquement tous les styles de musique. Comme les Français sont habitués à coller des étiquettes… Il est très difficile pour un artiste de s’en débarrasser par la suite ….

Dans le même temps, en février 1986, Eddy est nommé Chevalier des arts et des lettres.

1987, retour à Nashville terre de succès musicaux pour Eddy qui abandonne la production de ses disques. Il la confie, ainsi que la distribution, à Polydor. « La peau d’une autre » et « M’man » sont les titres forts de l’album intitulé tout simplement « Mitchell ». On trouve aussi la chanson « C’est magique » dans laquelle Eddy décrit avec toujours autant d’humour les bienfaits de la chirurgie esthétique… « Soixante, soixante-deux » traite d’un sujet plus sérieux (l’Algérie).

Dans le même temps sort une compilation réunissant des titres datant de 1960 à 1986. Ses principaux succès sont disponibles sur cinq compact discs longue durée. Cette compilation intitulée « Tout Eddy …ou presque » en 121 titres (environ un tiers de la production enregistrée en studio) a le mérite de couvrir la période des Chaussettes Noires à Eddy Mitchell, en passant par les productions Barclay et E.M.P.

En juin 1988, Eddy apparaît sur la scène du Palais des sports de Paris dans le cadre de « Génération rock and roll » pour Canal plus. Sont présents également Alain Bashung et Johnny Hallyday.

1989, nouvel album enregistré cette fois à Londres, d’où son titre qui rappelle quelque chose… »Ici Londres ». Peter-John Vettese est maître d’oeuvre pour les arrangements. Le tandem Claude Moine – Pierre Papadiamandis frappe une nouvelle fois (aidé parfois de Boris Bergman) avec des chansons tendres « Under the rainbow » et « Le baby blues », mais aussi du rock et de l’humour comme pour le déjà légendaire « Lèche-bottes blues ».

Fin 1989, en compagnie de Johnny Hallyday, Michel Sardou, Jean-Jacques Goldman et Véronique Sanson, Eddy soutient l’action des restos du coeur en participant à une tournée en France et un final au Zénith à Paris qui donne lieu à un enregistrement live et une vidéo cassette au profit de l’association.

Il s’agit là de la deuxième intervention d’Eddy Mitchell dans ce qu’il appelle lui-même le « Charity business ». En effet il avait déjà participé à l’enregistrement du 45 tours « Pour toi Arménie » dirigé par Charles Aznavour en janvier 1987.

Parallèlement le cinéma est toujours présent : tournage du film « Un père et passe » en 1987, participation à d’autres films « Autour de minuit », « Girls », « Je vais craquer », « Jusqu’au bout du monde » et « Promotion canapé ».

La publicité est présente également avec « Rodier » en temps qu’acteur, « Les bonbons Haribo » en temps que metteur en scène et réalisateur, « Vedette » en temps qu’acteur, metteur en scène et réalisateur.

Les clips se succèdent et sont tournés à Paris (la peau d’une autre), à Nashville et Belleville (M’man), à Londres (lèche bottes blues), et à El Paso (le baby blues).

A la radio, il présente une émission tous les samedis de 10 heures trente à midi sur RFM.

L’écriture non plus n’est pas oubliée puisqu’ Eddy propose un recueil de nouvelles « P’tit Claude » sur Belleville (quartier de son enfance).

A la télévision « La dernière séance » continue sa carrière sur F.R.3.

Le théâtre fait aussi partie de l’univers d’Eddy puisqu’il a en projet « Le facteur sonne toujours deux fois »… La seule condition posée par Eddy est que la mise en scène soit assurée par Robert Hossein. Le projet est annulé car l’emploi du temps des deux hommes est incompatible.

A partir des années 90, l’équilibre est trouvé entre écriture et enregistrement d’album, scène parisienne et tournée en province et tournage pour le cinéma.

Tous les trois ans Eddy nous offre un nouvel album, une nouvelle scène et un nouveau film.

En effet, Eddy Mitchell décide de faire le casino de Paris, après six ans d’absence sur une scène parisienne (exception faite d’une soirée au Palais des sports dans le cadre de « Génération rock and roll » le 23 juin 1989 et d’une autre soirée au Zénith le 13 novembre 1989 pour les restos du coeur).

Pour son retour Eddy a choisi une scène à dimension humaine, ce qui lui permet d’avoir un contact et de dialoguer avec son public. La salle est comble tous les soirs. Eddy est obligé de jouer les prolongations. Le casino de Paris étant retenu pour d’autres artistes, il lui faut se replier le 12 décembre sur le Zénith. En une seule soirée (salle comble à nouveau), il fait l’équivalent de plusieurs casino de Paris.

Un nouvel orchestre est formé pour ces prestations scéniques de 1990. Mais la surprise est agréable de voir certains soirs les anciens musiciens d’Eddy venir faire un “boeuf” tels Jean-Jacques Milteau, Jean-Yves D’Angelo, Christophe Deschamps ainsi que les ex-choristes féminines d’Eddy. Même Paméla, la fille d’Eddy, est venue chanter, un dimanche en matinée, en duo avec son papa un titre signé Claude Moine-Chuck Berry : “C’est la vie mon chéri”.

A l’occasion de ce passage au casino de Paris (du 13 novembre au 2 décembre 1990) et d’un unique concert au Zénith le 12 décembre 1990, une compilation est éditée chez Polydor. Celle-ci sera disque d’or en deux mois en même temps que l’album “Ici Londres“. Cette compilation (qui sera double disque d’or en juin 1992) reprend les principaux succès d’Eddy sur un double compact disc et un collector « Don’t be cruel / Sois pas cruelle” enregistré en mars 1990 pour le 40è anniversaire des Jordanaires, choristes d’Elvis Presley. Cette même année sont édités en compact discs les albums originaux de la période (E.M. productions) 1976-1986 avec sur chaque compact deux ou trois titres supplémentaires.

En novembre et décembre 1990, une tournée est organisée avec un concert à Caen, avant le casino de Paris. Devant le succès remporté, Eddy revient chanter dans cette même ville un mois après…

Pour les fêtes de fin d’année, deux concerts pour les militaires de l’Opération Daguet doivent avoir lieu dans le Golfe. L’Arabie Saoudite s’y oppose, sous prétexte de religion… Au vingtième siècle, à l’aube de l’an 2000… Surprenant !

Le Ministre des Armées (Jean-Pierre Chevènement) fait tout son possible pour faire fléchir les autorités saoudiennes… Rien n’y fera. En plus de l’incident diplomatique, le couperet tombe : Eddy ne chantera pas dans le Golfe. Les ordres viendront directement du plus haut personnage de l’état Français…

Avril et mai 1991, la tournée reprend avec notamment, le 1er mai, « Le printemps de Bourges ». Juillet et août, la tournée continue avec entre autre trois jours consécutifs au Sporting Club de Monte-Carlo et…

Et Fréjus pour honorer sa promesse. Opération Daguet au profit des militaires du Golfe. Toutes les chaînes de télévisions et radios couvrent l’événement. RMC retransmet le concert en direct, tandis que dans les arènes les militaires et leur famille ont pris place aux côtés de spectateurs célèbres tels que J.Hallyday, Eddie Barclay, Darry Cowl, P.Lavil, Carlos, Y.Mourousi, et l’organisateur de la fête François Léotard. Eddy fera trembler les arènes pleines à craquer, sa sortie de scène étant saluée par un gigantesque feu d’artifice.

Cette tournée le mènera entre autre à Papeete en Polynésie Française, à Nouméa en Nouvelle Calédonie et aussi à Nyons en Suisse où Eddy enregistrera un duo avec les Neville Brothers, qui sera prétexte plus tard à un nouveau clip tourné à Roissy avec Aaron Neville.

Le concert du casino de Paris, avec ce duo en bonus, sortira un an après en compact disc, album vinyle et cassette audio, mais aussi en cassette vidéo et pour la première fois en laser disc vidéo. La performance musicale d’Eddy au casino de Paris lui vaudra sa première victoire de la musique en 1992, après avoir été nominé l’année précédente pour la meilleure chanson de l’année avec « Under the rainbow ».

Entre deux tournées, Eddy trouve le temps de jouer aux boules place des Lices à St Tropez (sous le regard des photographes amateurs et des curieux), de tourner deux films (“La totale“ de Claude Zidi et “Ville à vendre” de Jean- Pierre Mocky), de produire un disque de Coluche (au temps de ses prestations sur RFM) et d’enregistrer un nouveau duo avec Mort Shuman pour les besoins d’une série TV “Salut les copains”. Ce sera d’ailleurs le dernier enregistrement de Mort Shuman (celui-ci devait décéder peu de temps après et ne verra pas la sortie commerciale de ce disque). Eddy prête aussi sa voix à un coq rocker pour les besoins d’un dessin animé long métrage ”Rock.o.Rico“ dans lequel il interprète 4 titres dont un en duo avec Lio. Pour finir, il tourne un court métrage pour Canal plus.

En 1992 nouvelle production entre Londres et Muscle Shoals avec Ian Taylor toujours comme producteur.

De ces séances sort l’album « Rio Grande » (avec son titre éponyme, « 18 ans demain« , etc.…), encore une fois disque d’or un mois seulement après sa sortie, puis disque de platine, enfin couronné aux victoires de la musique dans la catégorie meilleur album de l’année.

En juin 1993, Eddy vient fêter au parc des Princes le 50éme anniversaire de Johnny Hallyday en interprétant avec lui sur scène deux duos « Excuse-moi partenaire » et « Happy birthday rock and roll » avec Paul Personne à la guitare et Sylvie Vartan et Michel Sardou comme choristes.

Mais l’évènement c’est surtout qu’Eddy a décidé de faire une nouvelle scène parisienne. Seulement attention, il ne s’agit pas d’une, mais de trois nouvelles scènes (Casino, Olympia, Zénith) avec pour particularité d’offrir un tour de chant différent dans chaque salle. Ce sera respectivement « Big band » au Casino, « Country rock » à l’Olympia, « Les tubes » au Zénith. Et ce n’est pas fini. Le 29 mars 1994 a lieu la réunion de ces trois spectacles pour une soirée à Bercy de près de cinq heures. Cet événement sera retransmis sur Canal plus pour une soirée spéciale seulement quelques jours après.

Non pas une, mais deux tournées différentes suivront. La première, « Country rock » et « Les tubes » passera par « Le printemps de Bourges » et « Les Francofolies de La Rochelle ». La seconde se terminera sur la partie « Big band » et « Les tubes » en février 95 au Zénith de Caen, avec diffusion sur Nostalgie de la « dernière » de la méga-tournée, après être repassée par Bercy en novembre 94.

En vidéo, le concert Bercy mars 1994 est édité en double cassette VHS, mais pas de laser disc, ni encore de DVD.

Parallèlement, de juillet 1994 à février 1995, Eddy anime sur Europe 1 tous les samedis, puis les dimanches matins de 11 heures à 12 heures 30, en direct du Billy Bob’s de Disneyland Paris, l’émission « Tout Eddy » qui traite de ses sujets de prédilection, musique et cinéma. Des spéciales sont consacrées pêle-mêle à Elvis, aux Beatles, à Chuck Berry, Burt Lancaster, Dean Martin, Jerry Lewis, Frank Sinatra, Alain Chabat ou Bertrand Tavernier. Il est assisté pour cela de Franck Lipsik et de son fils Eddy Moine.

Côté discographie tout est fait en grand également avec un enregistrement audio dans chaque salle parisienne. Le tout vient compléter un coffret live qui regroupe tous les enregistrements des débuts jusqu’au casino de Paris 1990 dont un CD d’inédits issus des musicoramas d’Europe 1 avec entre autre Eddy accompagné …non pas par les Chaussettes Noires, mais les Fantômes.

La partie studio n’est pas oubliée, puisqu’un poste de radio (réplique d’époque et qui fonctionne sur la bande FM) regroupe les enregistrements studio par sessions depuis le début avec les Chaussettes Noires et comprend plusieurs inédits.

L’album « Rio Grande », bourré de tubes, fera l’objet d’un découpage en totalité de CD deux titres.

Une nouvelle victoire de la musique pour le plus grand nombre de spectateurs couronne cette série de spectacles (Casino, Olympia, Zénith, Bercy)

Un nouveau livre « Tout Eddy » est mis sur le marché dans le même temps.

Le cinéma n’est pas en reste. Les concerts terminés, Eddy tourne « Le Bonheur est dans le pré » aux côtés de Michel Serrault et de Sabine Azéma sous la direction d’Etienne Chatiliez. Eddy obtiendra son premier César pour le meilleur second rôle masculin après avoir été nominé dans le même registre quelques années auparavant pour « Coup de torchon » de Bertrand Tavernier.

La musique reprend ses droits et « Mr Eddy » (avec « Un portrait de Norman Rockwell », « Les tuniques bleues et les indiens », etc…) est le nouvel album de la cuvée 1996, enregistré entre Nashville et Memphis. Ceci donne droit pour plusieurs jours à un nouveau Bercy, et une longue tournée de plusieurs mois. Inutile de préciser que ce nouvel album à l’instar des précédents est disque d’or, tout comme le sera, lui aussi, l’album enregistré en live à Bercy en 1997. Tout cela aboutira à la victoire du plus grand nombre de spectateurs incluant la méga-tournée qui a suivie. Dans le même temps Eddy sera nominé et obtiendra les victoires de la musique pour le meilleur album avec « Mr Eddy » et pour la meilleure chanson avec « Les tuniques bleues et les indiens ». L’album sera en même temps disque de platine. Le premier DVD live d’Eddy Mitchell sort à cette occasion.

Dans le même temps une compilation à thèmes « Eddy Rocker » et « Eddy Lover » voit le jour ainsi que l’intégralité de ses albums studio réédités en CD dans une boite de chaussures symbolisant l’emballage d’une paire de bottes texanes.

En 1996, l’Oscar de l’UNAC est décerné au tandem Claude Moine – Pierre Papadiamandis pour l’ensemble de leur oeuvre en collaboration.

Poursuivant de front sa carrière cinématographique, Eddy tourne un nouveau film avec Irène Jacob « Cuisine américaine » qui a la particularité d’être enregistré simultanément en français et en anglais (curieusement lors de la sortie en DVD, la prise en anglais n’est pas commercialisée).

Pour deux soirs, en pleine coupe du monde de football, Eddy prend le contre-pied de Bercy et de la folie foot pour nous offrir avec ses musiciens au Petit journal Montparnasse un concert « Big band »des plus réussis, sans aucune arrière pensée commerciale, simplement pour le plaisir. Quelques morceaux seulement apparaîtront en bonus sur un DVD.

« Les nouvelles aventures de Mr Eddy » en 1999 (avec « Décrocher les étoiles », « Jaime pas les gens heureux », etc.…) entraîne celui-ci dans les studios de Memphis, Los Angeles et New Orleans et sur la voie d’un nouveau disque d’or. Le disque sort avec trois pochettes différentes, une pour chaque ville d’enregistrement.

Pour fêter l’an 2000, un nouveau concert à Bercy et nouvelle longue tournée sont organisés. Mais malheureusement, un grain de sable enraye la machine à succès et la tournée est arrêtée pour cause d’hospitalisation d’Eddy au printemps…Heureusement en juillet 2000, remis sur pied, Eddy reprend le chemin de la tournée et l’enregistrement live du spectacle en novembre 2000 sera lui aussi disque d’or. A cette occasion sort le deuxième DVD live.

 

Si la première partie du spectacle est soutenue par le même orchestre que celui de Bercy 97, la deuxième partie réserve une surprise de taille. Un orchestre à cordes de 40 musiciens vient compléter l’orchestre d’Eddy, le tout dirigé par Gisèle Gérard-Tolini.

Ce tour de chant dépassera l’hexagone et des concerts auront lieu à La Réunion, La Guadeloupe et La Martinique.

 

En attendant le prochain album, une compilation « Collection » arrive pour faire patienter le public (disque d’or également).

 

Un nouveau film de Stéphane Clavier, avec Christian Clavier voit Eddy Mitchell évoluer aux côtés d’Arielle Dombasle dans une comédie divertissante « Lovely Rita ».

Un téléfilm, adaptation d’un roman « Le fils Cardinaud » de Georges Simenon, est mis en boite par TF1 pour diffusion en hommage à l’anniversaire de la mort de Simenon. L’adaptation est intitulée « Tête baissée ».

Eddy projette de réaliser un film « En cherchant Sam » (Patrick Raynal) qui ne verra pas le jour faute de budget, mais aussi à cause du créneau horaire de diffusion envisagé.

 

« Frenchy » est le premier album studio du siècle nouveau (« Sur la route 66 », « J’aime les interdits », « Le monde est trop petit », etc…). Il nous entraîne via les studios de Los Angeles à revisiter les différents style musicaux qui ont jalonné la carrière d’Eddy : country, jazz, rock, blues, funky, et même rockabilly.

Alors que l’album est disque d’or, Eddy prépare sa rentrée parisienne.

En septembre 2003, il est trois semaines à l’Olympia et enchaîne une tournée, le tout à guichet fermé. Alors il remet le couvert en mars 2004 pour trois semaines à l’Olympia et une autre tournée toujours à guichet fermé. Alors on continue avec trois jours au Palais des sports de Paris et une tournée. Tous ces concerts se déroulent de septembre 2003 à septembre 2004.

Alors que pour la tournée précédente l’orchestre d’Eddy était complété de 12 cordes, pour ces spectacles parisiens et pour cette nouvelle tournée Eddy intègre à son orchestre habituel trois choristes (deux filles et un garçon) et une pedal steel guitar. Autre nouveauté, Alex Perdigon abandonne son trombone l’instant de 2 titres au profit de l’accordéon. Décidément Eddy ne cessera de nous étonner.

 

En ce qui concerne les livres, quatre ouvrages sortent quasiment en même temps : « Ceci est leur Histoire » consacré aux « Chaussettes Noires », « Les chansons de Mr Eddy » en bande dessinée vues par 19 dessinateurs différents, un livre de photos intitulé « Les photos collectors » et un autre ouvrage « Largus des disques d’Eddy Mitchell ».

 

Eddy Mitchell traverse le temps en alliant travail et sincérité sans sacrifier à la mode du moment. Depuis plus de quarante-quatre ans il assure une production discographique d’une rare qualité. Qu’il soit qualifié tour à tour et suivant les modes ou les journaux, de star, d’idole des années 60, de rocker, de crooner, de père tranquille du rock ou même qu’on le surnomme Schmoll comme au temps du temps du golf Drouot, c’est avant tout un grand professionnel.

 

Il est tel un géant que les frontières de son imagination ne peuvent pas arrêter, un pied sur son Amérique à lui, un pied sur son continent, la tête dans les étoiles de sa nostalgie, mais aussi dans la réalité du quotidien. Cela donne un cocktail nonchalant qui laisse transparaître une apparente facilité de vivre son passé et son présent, le tout conjugué au futur.

Pour tout cela Mr Eddy sois-en remercié et continue à nous inviter régulièrement dans ton univers où l’on croise au détour de tes chansons, Marilyn Monroe, John Wayne, Gary Cooper, Alice, le vieil indien et le western show, la voix d’Elvis, l’accroche-cœur de Bill Haley, l’Arizona, Nashville, Belleville, Memphis, la route 66, la fille du motel, la liste serait longue si l’on voulait continuer. Alors je termine en disant tout simplement : Merci EDDY.